Vivez ici l'authentique Tour de France
J'ai lu quelques avis sur le Tour de France sur Internet et j'ai été choqué que certains disent que le Tour est mort, dépassé et que c'est pour les vieux. J'ai voulu faire un article complet pour leur dire que le Tour n'est pas juste des images à la télé de troupeau de "seringues ambulantes" mais une véritable institution sportive internationale.
Course de légende et épreuve phare du cyclisme mondial, le Tour de France est un des événements les plus médiatisés au monde. C'est aussi une grande fête populaire qui rassemble 15 millions de spectateurs sur le bord des routes, et 2 milliards de téléspectateurs à travers le monde.
Les valeurs du tour de france
L'HÉROÏSME
Une véritable épopée, des héros accessibles, qui ont su garder une humanité, un exploit, la ténacité, la performance.
LA FÊTE
Un immense rassemblement populaire tout le long du parcours du Tour de France, les vacances, la chaleur, le soleil, le partage, la convivialité.
LA GÉNÉROSITÉ
Fédérateur, le Tour de France va à la rencontre du public. Ouvert et gratuit, le Tout est accessoirement synonyme de gratuité et de don via la Caravane Publicitaire.
LA FRANCE
Un événement inscrit dans l'histoire des Français, un vecteur d'image de la France à l'étranger : vitrine de la diversité des paysages français. Chaque région, chaque ville a son vécu avec le Tour.
La course de légende
CRÉÉE EN 1903
91e EDITION EN 2004
21 jours de course, sous le contrôle sportif de l'Union Cycliste Internationale
21 équipes de 9 coureurs
21étapes :
-11 étapes de plaine
-7 étapes de montagne
-4 contre-la-montre dont un en montagne
7 CLASSEMENTS DONT 4 MAILLOTS
-Maillot Jaune (premier du classement général)
-Maillot Vert (meilleur sprinter)
-Maillot à Pois (meilleur grimpeur)
-Maillot Blanc (meilleur jeune)
-Prix du vainqueur d'étape
-Prix de la combativité
-Classement par équipe
3 millions d'euros de dotation
Introduction :
Entre le 7 novembre 1869, date de la première course entre Paris et Rouen, et le départ du premier Tour de France, le 1er juillet 1903, le sport cycliste a beaucoup évolué. C'est cependant le succès populaire et sportif de cette course à étapes qui va définitivement faire entrer cette discipline dans l'ère moderne.
Les cols de Montagne du Tour sont répartis dans les cinq grands massifs de l'Hexagone : Alpes, Pyrénées, Massif Central, Vosges et Jura.
Naissance d'une épreuve mythique
En 1903, afin de faire connaître son journal, Henri Desgranges, rédacteur en chef de l'Auto-Vélo devenu l'Auto, décide de créer une nouvelle compétition, le Tour de France. À l'époque, la mode est aux courses cyclistes de grand fond (plus de 400 km de distance), comme le Bordeaux-Paris et le Paris-Brest-Paris, (course créée en 1891 par Pierre Giffard).
Le vainqueur, Maurice Garin, de la première édition du Tour de France est acclamé en 1903.
Le succès populaire ne se dément pas lors des éditions suivantes. À tel point que certains pays européens décident d'imiter la France : l'Italie a son Giro dès 1909, tandis que l'Espagne attendra sa Vuelta jusqu'en 1935. Ces trois compétitions demeureront les plus prestigieuses, malgré la concurrence d'autre "tours" (Tour de Suisse par exemple), de "classiques" (courses d'un jour) tels que le Paris-Roubaix ou le Milan-San Remo, et autres courses à étapes pourtant renommées comme le Paris-Nice.
La roue et la plume
Dès ses débuts, le Tour de France fascine les écrivains dont Antoine Blondin qui a écrit :
"Partis du virage du Nouveau-Monde, les coureurs chevauchaient à tour de rôle entre deux falaises de verdure, relevées comme le ciment des vélodromes, pour aboutir au virage du Paradis, autant dire dans l'autre monde, où ils sombraient dans une agonie provisoire, illuminée par une auréole en forme de chronomètre." - 9 juillet 1956.
Des dates et des Noms
1907 et 1908 : Lucien Petit-Breton, Lucien Mazan de son vrai nom (Français, premier champion à marquer l'histoire du Tour)
1909 : François Faber (Luxembourgeois, devient le premier "étranger" à remporter le Tour de France)
1913, 1914 et 1920 : Philippe Thys (Belge, s'illustre pour sa part en devenant le premier triple vainqueur du Tour)
Pendant l'entre-deux-guerres, les coureurs de nationalités belges, italiens et luxembourgeois dominent.
Cependant, les Français Henri Pélissier en 1920, André Leducq en 1930 et 1932, Antonin Magne en 1931 et 1934, Georges Speicher en 1933 et Roger Lapébie en 1937 arrivent à briser cette hégémonie.
En 1930, le Tour n'est plus disputé par des équipes courant pour des constructeurs de cycles mais par des équipes nationales.
1934 : René Vietto (Français, premier meilleur grimpeur lors de la création du prix de la montagne)
1938, 1948 : Gino Bartali (Italien, ses duels lors des étapes de montagne avec son compatriote Fausto Coppi font partie de la légende du cyclisme.)
Les années 1950 consacrent les "rois de la montagne" : Fausto Coppi, les Suisses Ferdy Kubler et Hugo Koblet, le Luxembourgeois Charly Gaul, l'Espagnol Frederico Bahamontes ou le Français Louis (dit "Louison ") Bobet, triple vainqueur en 1953, 1954 et 1955.
1957, 1961 à 1964 : Jacques Anquetil (Français, sa première victoire préfigure le triomphe des routiers "complets" : à la fois poursuiteurs et bons grimpeurs, ils excellent surtout dans la maîtrise tactique de la course)
À cette époque, le duel entre Jacques Anquetil et Raymond Poulidor divise la France. Les uns reprochent au quintuple vainqueur du Tour de manquer de panache, tandis que les autres ironisent sur ce "Poupou" qui n'a jamais pu gagner l'épreuve reine du cyclisme.
1969, 1970, 1971, 1972 et 1974 : Eddy Merckx (Belge, surnommé "le Cannibale" tant il semble affamé de victoires)
L'un de ses principaux adversaires est encore Raymond Poulidor, remarquable exemple de longévité au plus haut niveau.
1975 et 1977 : Bernard Thévenet (Français)
1978, 1979, 1981, 1982 et 1985 : Bernard Hinault (Français, dit "le Blaireau" et dernier Français à remporter Le Tour)
1983 et 1984 : Laurent Fignon (Français)
Dans les années 1980, on constate l'émergence de champions dont la Nation qu'ils représentent est la première à s'illustrer dans le cyclisme.
1987 : Stephen Roche (Irlandais)
1985 : Luis Herrera (Colombien, meilleur grimpeur)
L'éclosion de nouveaux champions marque une nouvelle ère : celle des coureurs dont la préparation sportive tout au long de l'année ne tend qu'à un seul but, gagner le Tour de France.
1986, 1989 et 1990 : Greg LeMond (Américain)
1989 marque le duel le plus palpitant du Tour entre Greg LeMond et Laurent Fignon qui est battu à 8 secondes près sur les Champs-Elysées, écart le plus faible de l'histoire.
1990 à 1994 : Miguel Indurain (Espagnol)
1999 à 2005 : Lance Armstrong (Américain, premier coureur à remporter 7 Tours de France battant le record qui était de 5 ex-aequo avec Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain)
Afin d'éviter d'aligner sur la ligne de départ un trop grand nombre de coureurs, le nombre d'équipes pouvant participer au Tour de France est limité à 20, chacune d'elle comportant 9 coureurs.
Des chiffres (en francs)
Maillot jaune : 2,5 millions de francs
Victoires d'étape (50 000 F pour le premier, 30 000 F pour le deuxième, 20 000 F pour le troisième, et ainsi de suite jusqu'au trentième, qui gagne 500 F).
Maillot blanc à pois rouge et maillot vert : 1,5 million de francs
Maillot blanc (récompense le meilleur coureur de moins de 25 ans) : 1 million de francs
Lanterne rouge (dernier du classement qui atteint Paris) : 2500 francs
+ de 16 millions de francs qui sont ainsi distribués
3700 personnes (organisateurs, prestataires, partenaires et caravane publicitaire) sans compter les mécaniciens, médecins et soigneurs
1500 véhicules
2 300 journalistes représentant 530 médias de 28 pays couvrent l'événement, regardé par plus de 2 milliards de téléspectateurs (en audience cumulée) dans 165 pays
Société du Tour de France appartient au groupe Amaury (qui détient le Parisien, l'Équipe, ASO, le Futuroscope de Poitiers…)
CA : 400 et 430 millions de francs par édition dont 100 millions de francs de bénéfice avant impôts. Cette épreuve constitue la moitié des bénéfices du groupe.
450 000 F pour être une ville étape d'arrivée, et 250 000 F pour voir une étape partir de sa commune. À cette "cotisation" s'ajoutent les frais d'hébergement et d'organisation qui sont à la charge de la ville
Caravane publicitaire : 250 véhicules
11 millions d'objets promotionnels distribués sur le trajet
Source : la Tribune paru le 18 juin 2001
Dopage : un parfum de scandale
Dès 1911 : rumeurs de dopage.
1923 : Les coureurs Henri et Francis Pélissier déballent devant le journaliste Albert Londres le contenu de leur musette : cocaïne, chloroforme, pommades et diverses pilules.
10 juillet 1960 : le Français Roger Rivière a été victime d'un accident causé par la prise de sédatif.
13 juillet 1967 : l'Anglais Tom Simpson est mort après l'ascension du mont Ventoux, alors qu'il avait absorbé des amphétamines.
Tour 1998 : exclusion de l'équipe Festina de Richard Virenque.
Tour d'Italie 1999 : Marco Pantani, vainqueur de l'épreuve 1998, a été contrôlé positif.
Octobre 2000 : procès Festina, de nombreux coureurs ont avoué que le dopage était "institutionnalisé" au sein du peloton.
Des mesures sont prises comme la création d'un test de détection de l'EPO (erythropoïetine, qui facilite la circulation de l'oxygène dans le sang, substance très en vogue à l'époque dans les sports d'endurance) appliqué lors des contrôles anti-dopage à chaque étape.
Toute équipe convaincue de dopage sera exclue du Tour de France, que ce dopage ait eu lieu sur le Tour ou non. Il est donc de plus en plus difficile de se doper. Même Armstrong, le maillot jaune s'y colle aux étapes du Tour. Le cyclisme est critiqué souvent à travers alors que d'autres sports sonts souvent plus laxistes en terme de contrôles anti-dopage et sont pourtant regardés par ces mêmes détracteurs.
Après le dopage qui a eu une incidence certaine sur l'audience en France qui ne cesse de s'éroder depuis 1997, le Tour doit aujourd'hui faire face à la corruption.
Juin 2001 : dans son livre intitulé Tour de vices, Bruno Roussel, l'ancien directeur sportif de Festina explique ainsi que Richard Virenque aurait acheté 100 000 Francs la victoire d'étape à Courchevel en 1997 auprès de son compagnon d'échappée, l'Allemand Jan Ullrich.
En effet, même si ce n'est pas confirmé, le prestige et les retombées médiatiques procurés par une victoire lors d'une étape de montagne sont vraiment très importants pour le sponsor d'une équipe, surtout si les résultats de cette équipe ne répondent pas par ailleurs aux espérances et au budget engagé.
Vous aurez compris. Que l'on n'aime ou non le Tour de France, ce n'est pas vieillot, ni démodé, ni nul. Une épreuve qui rassemble 2 milliards de téléspectateurs n'est pas anodine et montre que les gens qui disent sur Toluna que le Tour n'a aucun intérêt ont absolument tort. Il y a beaucoup de sport qui ne m'intéressent pas mais j'aime bien regarder le Tour de France pour la beauté de ses paysages et leurs diversités, pour le courage de ces sportifs qui font certainement la discipline la plus dure au monde, pour les batailles engagées dont chaque coureur essaye de se transcender et de repousser au plus les limites physiques. Qui pousse ces coureurs à être des "forçats de la route"? peut-être tout simplement ces gens qui viennent les applaudire et encourager l'échappé de la course en lui demandant si, une fois arrivé au sommet, il ne pourrait pas leur rapporter un peu de paradis.
Les affaires de dopage et de corruption n'ont pas suffit pour anéantir la ferveur du Tour. Les gens se pressent toujours autant sur les bords de routes pour immortaliser sur pellicule les champions chaque mois de Juillet.
Pour être objectif et critique, je trouve que le Tour 2005 et les précédents ont manqué cruellement de suspens, de grands duels comme on a pu le voir dans l'histoire à la Merckx/Ocana. On a l'impression de voir un Armstrong et des suiveurs mais pas des attaquants. C'est un peu dommage. Je suis comme beaucoup, le Tour manque beaucoup de sa saveur d'antan. Mais cela reviendra. On aura d'autres champions, il faut l'espérer. Où sont les Anquetil, les Poulidor, les Coppi, les Hinault, les Fignon?Armstrong, contrairement aux autres anciens, ne fait que le Tour de France. C'est en cela qu'il manque à mon sens de panache par rapport aux autres champions qui ont marqué l'histoire du Tour.
Le Tour, enfin, est un événement centenaire, inscrit dans le patrimoine sportif et le coeur de tous les Français. Il continue d'avancer avec son temps : ils sont 73% à affirmer qu'il existera toujours dans 100 ans... 2105 verra qui?
Source : des chiffres, des rappels historiques et quelques passages ont été sélectionnés sur Internet
Quelques souvenirs :
Jacques Anquetil vainqueur en 1957, 1961 à 1964, le coureur complet
Bernard Hinault et Greg Lemond vont gagner l'étape de l'Alpe d'Huez main dans la main en 1986
En 2004, Richard Virenque remporte son 7ème et dernier maillot à poids et établi un nouveau record

