Une résistance silencieuse

Publié le par Thymtin

Voilà je vais me présenter un peu car je ne l'ai pas encore fait. J'habite en région parisienne, j'ai fait des études en école d'ingénieur et à la fac depuis déjà quelques années. J'ai cherché sans relâche pendant les premiers temps mais je me suis rendu compte que je n'avais pas le profil idéal ou alors que en France il y a beaucoup trop de demandes par rapport à l'offre.

J'ai écouté beaucoup de gens, j'ai essayé de me reconvertir mais c'est loin d'expliquer notre situation sans engendrer de suspicions négatives sur soi.

Je suis passé par différentes périodes difficiles et puis le temps venant, on finit par se résigner. On entend encore les gens qui disent : ça va venir un jour... mais on les entend d'assez loin désormais.

A chaque donneur de leçons, on finit par leur dire oui oui ou ne même plus prendre la peine de les écouter.

Il y en a qui disent que être au chômage ça permet de s'ouvrir les yeux. On finit par s'interroger sur le bien fondé des sociétés comme la notre fondée sur l'argent et la consommation.

On commence à douter de l'intérêt même de travailler et d'exercer un travail qui nous semble tout sauf épanouissant et humain. Quand des gens disent qu'ils s'éclatent dans leur travail, je me dis qu'ils doivent être assez seuls dans la vie ou d'une consistance cérébrale type macdo.

Le plus dur c'est d'avoir constamment l'impression de devoir justifier un travail pour exister. 

Le capitalisme en lui même n'est pas une sorte de monstre qui va engloutir la terre mais c'est la cupidité sans limite des hommes qui emporte le monde dans les injustices et l'absence totale de morale, philosophie et solidarité.

Je ne comprends pas d'ailleurs les gens qui disent que je suis bien obligé de me lever tôt pour travailler même si je déteste ce que je fais pour manger. Pourtant, il y a bien des gens qui vivent sans travailler ne serait-ce qu'ils n'ont pas le choix ou qu'on les laisse comme ça dehors.

Il y a tellement de gens qui travaillent pour consommer. Tout leur salaire va dans des produits qui ont été fabriqués sur la misère des gens dans des usines dénuées de toute humanité.

Avant je me posais rarement la question de ce que j'achetais. Et puis on finit par se rendre compte que les gens ne savent plus ce qu'ils mangent, ce qu'ils achètent, pourquoi ils font ça...

Avant l'économie était locale et il y avait une réelle synergie qui permettait à chacun de travailler, de faire plus souvent qu'aujourd'hui ce qu'ils voulaient faire tout en ayant l'assurance de vivre de leur travail.

Aujourd'hui l'économie mondiale a généré un désordre total de l'organisation du travail et des hommes. La notion de travail pour la société n'existe plus.

Tout ce que l'on fabrique c'est dans des des machines avec une standardisation à l'extrême, une main-d'œuvre qui n'est là que pour faire fonctionner les machines. Tout l'artisanat disparaît, tout ce qui avait un lien entre l'homme et la nature n'existe plus, tout ce qui liait le commerce avec la vie sociale n'existe plus. Les villes sont des dortoirs où les gens s'enferment dans des bureaux avec des ordinateurs la journée (des tours et des tours).

Toute la société vit à l'heure de la publicité et de la vente. On ne jure que par la pub pour nous inciter à mettre le surgelé additivé dans le caddie. Et il y a ceux qui imitent les artisans et qui disent qu'ils font de la qualité car "dire qu'on fait de la qualité" c'est le métier de plein de personnes qu'on appelle commerciaux. ( Et puis si vous dénoncez cela, il y a certains qui vous menacent de vous coller un procès aux fesses comme dirait mario).

L'économie locale permettait de faire des produits qu'on aimait car c'était à nous et elle permettait à chacun de vivre du fruit de sont travail. La machine a été inventée pour gagner de l'argent non pour aider l'homme à mieux vivre.

Je ne peux qu'être pessimiste quant à l'avenir de nos sociétés car il faut bien comprendre que en misant tout sur la bourse et les profits, on n'inventera plus rien qui ressemblera à une vie où vivre a un sens. Une société qui n'est pas capable de donner une place à tout le monde n'est pas une bonne société. Une société qui baisse la qualité globale de notre alimentation est pernicieuse. 

Je ne suis pas pour un retour à la nature mais tout de même au moins ceux qu'on appelait sauvages n'étaient peut être pas si malheureux que cela. Ils avaient des idées à défaut d'un porte-monnaie.

Aujourd'hui, travailler dans un but systématique de faire rapporter de l'argent à un patron qui n'est pas préoccupé de la qualité qu'il fait et qui ne se soucie guère de ses employés ou même des problèmes sociaux qu'il génère car il participe lui aussi aux effets négatifs de la société, me dégoûte assez.

Je suis déçu par toutes les entreprises que j'ai rencontrées et certaines sont le summum de l'hypocrisie. ( Comme dirait mario, si t'es pas content, je m'en fous, tu auras un procès.)

Ce qui compte le plus pour un homme quand il se lève le matin, ce n'est pas de mettre sa cravate le matin c'est d'abord de se donner un sens à sa vie. Et si on le fait pas dès maintenant, on ne le fera JAMAIS.

Une résistance silencieuse s'est déjà longtemps installée dans nos sociétés. Et tant bien même qu'il n' existerait qu' une seule personne pour résister, il n'est pas stupide de penser que l'Humanité n'est pas encore tout à fait perdue car un homme c'est déjà quelque part l'humanité.
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Publié dans Jour après jour

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C
Bravo pour cette pensée limpide et tellement d'actualité. Tu poses le problème de fond dans toute son envergure et je ne peux qu'être d'accord.Je suis actuellement en train d'essayer de retrouver mes repères car j'ai été trop embarqué dans cette voie de non sens que l'on peut appelé société de consommation.Je viens juste d'ouvrir mon blog, comme on jette une bouteille vide à la mer en espérant qu'elle nous revienne pleine de sens au moment où on l'attends le moins.Le difficulté est de trouver une réaction positive et pérenne sans se laisser tomber dans la noirceur du constat.Je vais tenter de mon côté d'aborder le sujet par les plus petits éléments de vie, les actes quotidiens, et d'essayer d'y donner du sens. Peut-être qu'en accumulant, j'arriverais à entrevoir un sens global à ma vie.Ced
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